Ouabou

Ouabou est un chat. Mais pas n'importe lequel. Il parle, et joue les assistants détectives auprès d'un Jean-Philippe Lasser plutot agacé. Il deviendra l'un des plus fidèles amis de notre détective des Dieux.

A-t-on déjà vu un chat détective ? Un matou d'apparence ordinaire avec des poils, des moustaches, des oreilles et une queue, qui mènerait des enquêtes ? Un greffier tout ce qu'il y a de plus classique ? Non, sans doute. Et pourtant, celui-là réservera bien des surprises à Lasser.

Son histoire

Dans Un privé sur le Nil, c'est Sekhmet qui amène Ouabou au Sheramon, lorsqu'elle charge Lasser de retrouver Ântyou, une femelle Mau qui a disparu et qu'elle comptait présenter à un concours félin : "Je vous présente Ouabou", déclare-t-elle avec un grand sourire. "Il sera votre assistant dans votre enquête." Mais Ouabou n'est pas un personnage ordinaire. C'est un chat. Et il parle.

Dès le début, il va mettre la patience de Lasser - qu'il appelle Coco - à l'épreuve, parce que celui-ci déteste les animaux et n'a rien à faire de ce matou qu'on lui a collé dans les pattes. Il l'affuble d'ailleurs immédiatement du surnom de "l'affreux". Mais Ouabou n'en a cure. Au contraire, il a plaisir à agacer son "patron" : "Sous l’œil ému de la déesse, ce fichu animal a sauté dans mes bras et s’est mis à ronronner, rien que pour m’embêter. [...] J’ai regardé le chat avec la furieuse envie de le balancer aux crocodiles du Nil. Je me suis retenu de justesse : Sekhmet souhaitait sûrement récupérer son matou en un seul morceau."

Ce chat a de quoi énerver : quand il commence à enquêter avec Lasser, il pose des questions idiotes, caricature les détectives de série B, met plusieurs fois Lasser dans l'embarras... Pourtant, il va lui apporter une aide précieuse, même si ce dernier se refuse à l'admettre.

En définitive, Ouabou se révélera être bien plus qu'un chat. La surprise sera de taille pour notre détective.

Son caractère

Ouabou est à la fois drôle, attachant, et agaçant au plus haut point. Il adore se blottir dans les bras de Fazimel, qu'il appelle sa "copine choucarde" en se frottant contre sa poitrine généreuse.

Il est également facétieux et mêle les comportements typiques du chat - ronronnements, miaulements, feulements, étirements en tous genre - à un caractère bien peu félin. Il joue les précieux et donne volontiers des ordres : "J’avais vraiment l’air idiot à traverser le Khan-al-Khalili avec un chat dans les bras. Môssieur ne voulait pas se salir les pattes et je n’avais pas eu d’autre choix que de le porter au milieu de la foule affairée et bruyante du plus grand souk du Caire." Quand Lasser connaîtra sa vraie nature, il comprendra pourquoi...

L'évolution du personnage

Lorsque Ouabou débarque chez Lasser, dans Un privé sur le Nil, c'est pour y découvrir le métier de détective, un peu par jeu. Il est un peu méprisant envers cet humain qu'il prend pour un looser. Mais, très vite, il change d'opinion et s'attache à lui. Tout en continuant d'être facétieux et agaçant, il est beaucoup plus impliqué auprès de Lasser, qu'il admire de plus en plus.

Dans Mariage à l'égyptienne, une vraie amitié naîtra entre eux. Il découvrira les fragilités de Lasser et cherchera à protéger le détective. Et, bien sûr, Ouabou reprendra du service dans Mystère en Atlantide (en cours d'écriture).

Le chat en Egypte ancienne : la réalité historique

Les premiers témoignages écrits et iconographiques sur le chat sont égyptiens et remontent aux alentours de 2130 av. J.-C. À l’origine, le chat était en Égypte un animal sauvage qui vivait sur les rives du delta du Nil, chassant les oiseaux, les rats et les serpents. Bien vite, les Égyptiens se rendirent compte que ce félin pouvait devenir un allié de choix pour chasser et exterminer les rats qui, à chaque crue du Nil, envahissaient tous les ans les champs et les greniers. Ce fut principalement pour cette raison qu’on commença à le domestiquer.

En Égypte, le chat ne fut pas seulement aimé pour son utilité, mais également adoré comme emblème et comme incarnation des dieux. Il représentait en particulier le dieu Osiris qui, lorsqu’il ne voulait pas être reconnu, aimait se transformer en chat, et la déesse Bastet, ou Bast, bienfaitrice au corps de femme et à la tête de chat. Protectrice de la maison et garante de la fertilité, gardienne de la santé et personnification de la lumière et de la chaleur, la déesse Bastet était la divinité la plus aimée du peuple et on ne trouvait personne qui ne possédât une amulette d’elle.

Le chat fut également représenté dans de nombreuses fresques précieuses, mais surtout par de splendides et très « modernes » statues aux lignes essentielles très pures. En Égypte, l’exportation des chats, réputés divins, était sévèrement punie, ce qui fait que ces animaux ne pouvaient d’aucune façon et sous aucun prétexte quitter le pays ; cependant l’avènement de la dynastie des Ptolémées et, successivement, l’abandon des cultes païens voulu par Théodose firent perdre au chat son rôle « divin » et sa position de grand privilégié.